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À Rennes, le drapeau palestinien sur l'Hôtel de Ville déclenche la polémique

Publié le 22-09-2025 à 20:39
À Rennes, le drapeau palestinien sur l'Hôtel de Ville déclenche la polémique
Rennes : polémique autour du drapeau palestinien à la mairie
Photo : Rennescope
À Rennes, le drapeau palestinien a été hissé sur l’Hôtel de Ville aux côtés des drapeaux français, breton et européen, suscitant des réactions contrastées de la classe politique.

Un quatrième drapeau a été hissé ce lundi matin sur le fronton de la mairie, aux côtés des emblèmes français, breton et européen : celui de la Palestine. La décision a été prise par la maire, Nathalie Appéré (PS), en réaction à la reconnaissance officielle de l'État palestinien par la France annoncée par l'Élysée.

Dans un communiqué, l'édile parle d'« un moment à la fois symbolique et historique » et estime que cette reconnaissance constitue « la seule issue possible » au conflit israélo-palestinien. Elle précise avoir souhaité que le drapeau flotte sur la façade de l'Hôtel de Ville « pour exprimer notre soutien à la démarche de reconnaissance engagée par le président de la République » et « en signe de solidarité envers les populations civiles, qui sont les premières victimes des crimes de guerre ».

La maire rappelle également l'engagement ancien de Rennes auprès de ses partenaires palestiniens, citant « le soutien financier au centre Silwan Al Hayat, détruit par les bombes israéliennes » et les liens entretenus avec la municipalité de Beitunia « pour améliorer sur place l'accès de la population à l'eau potable ».

Une opposition vent debout

Dans ce climat déjà sensible, l'annonce du drapeau flottant sur la mairie a immédiatement suscité des réactions politiques. Sur le réseau X, Thomas Rousseau (Les Républicains), candidat déclaré à la mairie en 2026, a annoncé qu'il saisirait le tribunal administratif. Selon lui, « nous n'accepterons que le drapeau français, breton et européen : nos bâtiments et services publics doivent rester neutres de toute cause politique ».

Même son de cloche du côté de Carole Gandon, cheffe de file des élues municipaux Renaissance. Lors du conseil municipal de ce lundi 22 septembre, elle a précisé son point de vue : « Oui, nous sommes solidaires des victimes civiles, qu'elles soient israéliennes ou palestiniennes. Non, les subventions municipales ne doivent pas être instrumentalisées ni servir à importer des conflits internationaux dans notre conseil municipal ».

Point de vue également repris au centre-droit par Charles Compagnon, leader rennais Horizons : « Nos mairies doivent rester des maisons communes, pas des tribunes partisanes ». En s'adressant à la majorité, il précise : « Vous cédez à la manoeuvre électoraliste » accusant la gauche municipale de chercher « à courir derrière la France Insoumise ».

Du côté du Rassemblement national, Julien Masson a dénoncé « une mise en scène électoraliste » à six mois des municipales. Il estime que Nathalie Appéré chercherait « uniquement à plaire à son extrême gauche LFI/EELV », une attitude qui « constitue un signal désolant pour nos compatriotes de confession juive » et qui « attise les divisions » plutôt que de « pacifier l'espace public ».

D'autres villes françaises ont fait de même

Rennes n'est pas la seule municipalité à avoir hissé le drapeau palestinien. Plusieurs mairies dirigées par des élus de gauche, en particulier socialistes, ont suivi un appel national du Parti socialiste à marquer ainsi la reconnaissance de l'État de Palestine par la France. Des villes comme Nantes, Saint-Denis, Strasbourg ou Villeurbanne ont fait flotter le drapeau palestinien sur leurs bâtiments officiels. Si cette initiative est portée par le PS, certaines communes écologistes ou de gauche diversifiée ont également participé. Partout, ces gestes symboliques ont suscité débats et, dans certains cas, recours devant les tribunaux administratifs, la question de la neutralité des bâtiments publics étant invoquée par les autorités.

Les Insoumis rennais saluent et veulent aller plus loin

Les réactions des partis de la gauche radicale sont très différentes de celles de l'opposition municipale. Sur X, les Insoumis rennais écrivent : « Victoire ! Le drapeau palestinien flotte sur la Mairie de Rennes ! La mobilisation des Rennais, de l'AFPS, de la France insoumise et désormais des Écologistes a permis d'obtenir cette victoire ! Nous ne lâcherons rien face au génocide et nous continuerons à nous battre ».

Marie Mesmeur, députée LFI d'Ille-et-Vilaine, a également commenté la décision : « Après des mois d'attente, la mairie de Rennes a enfin entendu notre appel. Une action symbolique indispensable, au moment où l'entreprise génocidaire de Netanyahu plonge Gaza dans une phase d'atrocités sans précédent ».

Un thème central des prochaines élections municipales ?

Le conflit israélo-palestinien n'a jamais été aussi présent dans le débat public local à Rennes. La ville, à l'image du reste de la société française, apparaît profondément clivée sur ce sujet, entre soutien à la Palestine, contestations politiques et réactions citoyennes. Entre le pavoisement du drapeau palestinien sur la façade de la mairie, les mobilisations et les prises de position des élus, cette question pourrait bien s'imposer comme un thème central des prochaines élections municipales, aux côtés des enjeux traditionnels tels que les transports, le développement économique, l'emploi ou le logement.

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